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Après la gestion ultrasécuritaire de la grippe A (H1N1), après les tensions occasionnées par les cas de rougeole dans une école Steiner en 2007, voici que les polémiques renaissent, aussi saisonnières que la grippe en hiver. Cette fois, c’est au sein des Hôpitaux Universitaires Genevois que le bât blesse, après que la direction eut durci le ton, prête à sanctionner les employés récalcitrants.

En effet, la grippe n’est pas toujours une maladie bénigne, surtout lorsqu’elle atteint les populations vulnérables tels que les malades hospitalisés. Une étude récente montre que sur 150 cas de grippe saisonnière, la moitié y fut contractée au sein de l’établissement, dont 8,5% de cas ont connu des complications sévères.

Or l’incitation à la vaccination n’a pas eu l’effet escompté auprès du personnel soignant, du fait que 30% seulement est vacciné. Puisque le but consiste à préserver les malades, par une sorte de « vaccination de solidarité », l’idée fut d’imposer au reste du personnel de porter un masque de protection.

Jusque là, tout le monde pouvait s’accorder. Mais voici que la direction de l’hôpital veut contraintre les employés non vaccinés à porter un badge ! Pour soulever la polémique, on ne fait pas mieux.

Car se pose en arrière-fond le difficile problème de l’opposition entre la liberté individuelle et l’exigence de santé publique, dont l’Etat est le garant. Ce fut déjà l’objet du débat sur la fumée passive, mais cette fois avec une différence majeure : l’interdiction de la fumée dans des lieux publics impose un comportement, au même titre que l’obligation pour les soignants de porter un masque. Dans le cas de la vaccination, il s’agit au contraire d’une intrusion dans le corps même de la personne.

Or depuis des années, le débat a fait l’impasse sur cet aspect, car on s’y intéresse à seulement évaluer les conséquences prévisibles des décisions : éradication de maladies comme la rougeole et sécurité des personnes d’un côté, effets secondaires de l’autre, ou inefficacité des mesures en raison des innombrables visiteurs qui représentent autant de dangers potentiels pour les malades.

Cet utilitarisme forcené qui ne regarde qu’aux conséquences enlise le débat, et oublie la dignité de la personne humaine, dont la liberté constitue un élément majeur.

La solution ne consiste-t-elle pas à réserver la vaccination obligatoire aux seules situations exceptionnelles de grave pandémie qui pourrait se présenter ? La loi y autorise déjà les cantons, mais sans que jamais aucun cas ne se soit présenté à ce jour. A coup sûr, le referendum annoncé contre la « loi sur les épidémies » relancera la polémique, car notre société à tellement pris le pli de déconnecter la liberté individuelle de la responsabilité sociale qui lui incombe, que la tendance est aujourd’hui à tout vouloir régenter par le biais de la loi. Pareille réglementation de la vie quotidienne est délétère, au point qu’une obligation de vacciner serait la plus mauvaise solution : au lieu de contrôler et sanctionner, ne devrait-on poursuivre l’effort d’information et en appeler à la responsabilité plus qu’aux sanctions ?

© Nouvelliste 12.11.12

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