• An Image Slideshow
  • An Image Slideshow
  • An Image Slideshow
  • An Image Slideshow
  • An Image Slideshow

Le 17 juin les Vaudois se prononceront sur un sujet grave : les EMS d’intérêt public seront contraints d’accepter dans leurs murs l’assistance au suicide, sous peine de voir leur subvention suspendue et de fermer leurs portes.

Cette initiative est scandaleuse à plusieurs titres.

1. Elle vise les personnes âgées, dont un certain nombre, capable de discernement sans être pour autant au seuil de mourir, pourrait être victime des semeurs de mort. Les médecins viennent d’alerter l’opinion publique : de plus en plus de seniors, simplement fatigués de vivre, réclament de telles méthodes : un tiers des gens qui se suicident avec EXIT suisse allemande ne sont pas en fin de vie ! Or l’Etat a pour mission de protéger les personnes vulnérables.

2. Cette initiative, qui ne modifiera guère la pratique actuelle, vise un autre objectif non avoué : légaliser à terme l’euthanasie, ou le « meurtre sur la demande de la victime » selon les termes du code pénal.

3. Les associations mortifères et la population qui les soutient n’ont que le mot « liberté » à la bouche, qu’elles entendent comme une autonomie absolue ou totale disposition de soi. Or cette initiative, au nom même de la liberté, brime la liberté des autres : celles des EMS et de leur personnel qui eux n’auraient plus droit d’être libre ! Voilà une caricature du relativisme : ayant abandonné tout repère objectif au profit d’une prétendue liberté absolue, le relativisme écrase tous ceux qui pensent et vivent autrement : l’intolérance de la fausse liberté détruit la liberté.

Pour faire pièce à cette initiative délétère, le Conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard a hélas tronqué ses propres convictions au profit d’un contre-projet du même diable.

La ligne est la même, si ce n’est qu’il fixe quelques limites : on rappelle certes que l’assistance au suicide « ne fait pas partie de l’activité médicale car elle est contraire aux buts de la médecine », mais le contre-projet l’impose néanmoins en EMS tout en la circonscrivant aux résidents souffrant de maladie ou de séquelles d’accident graves et incurables.

Le contre-projet mérite d’être rejeté pour deux raisons supplémentaires : d’une part il réduit arbitrairement l’autonomie à quelques catégories de personnes, ce qui est absurde ; d’autre part, en légiférant, il cautionne une pratique qu’il veut éviter. On nage en pleine contradiction.

Et je ne parle pas de l’effet dévastateur sur les autres résidents et sur le personnel soignant : si l’EMS est une résidence pour nombre de nos aînés, il n’est pas pour autant un domicile privé.

L’issue du scrutin, hélas, semble joué avec le contre-projet : au nom d’une illusoire liberté intolérante, c’est la dignité humaine qui s’en trouvera érodée, ouvrant les portes à des pratiques anti-humaines.

C’est pourquoi certains EMS déjà ont annoncé la seule attitude raisonnable : l’objection de conscience frontale. Il leur faudra ce courage.

© Nouvelliste 14.5.12

Commentaires (0)

500 caractères restants

Cancel or