• An Image Slideshow
  • An Image Slideshow
  • An Image Slideshow
  • An Image Slideshow
  • An Image Slideshow

L’affaire a duré des mois, après que Greenpeace eut déposé une plainte en Allemagne contre le Professeur Brüstle, Directeur de l’Institut de neurologie reconstructive de Bonn, au motif que ce dernier a breveté une technique utilisant des cellules souches embryonnaires. Ainsi se pose la question du brevet sur le vivant appliqué à l’homme. Est-il légitime de déposer un brevet protégeant commercialement une technologie prometteuse, lorsque celle-ci détruit des embryons humains au tout début de leur conception ?

Les enjeux sont considérables sur le plan médical, scientifique, juridique et commercial : on estime à plusieurs milliards d’euros les retombées possibles de ce type de recherche.

On comprend donc que le Prof. Brüstle ne soit pas content, mais pas du tout, à cause du jugement final, car l’affaire a été portée devant la Cour de justice européenne. Celle-ci s’est prononcée de manière claire, en faveur du respect dû à la dignité humaine, laquelle mérite d’être protégée contre des brevets à retombées commerciales importantes.

Voici le motif. Les Directives du Parlement européen sur la protection juridique des inventions biotechnologiques doivent être interprétées de la manière suivante : constituent des « embryons humains » dignes de protection, trois types d’entités biologiques :

1° tout ovule humain dès le stade de la fécondation ;

2° tout ovule humain non fécondé mais dans lequel le noyau d’une cellule humaine mature a été implanté ;

3° tout ovule humain non fécondé qui, par voie de parthénogenèse, a été induit à se diviser et se développer.

Par-delà la technicité des questions juridiques et scientifiques, un point décisif est souligné : dès que la fécondation a lieu, celle-ci est de nature à déclencher le processus de développement d’un être humain adulte. Ce que la philosophie appelle la « potentialité active » : l’embryon porte en lui-même toutes les dispositions intrinsèques au développement d’une personne humaine, laquelle exige que les conditions extérieures soient mises en œuvre pour son développement. Tel est le sens exact de « personne potentielle » qui définit parfois l’embryon humain.

On imagine le dépit de certains, dont les arguments réactifs sont affligeants tant ils sont étroitement utilitaristes : les jeunes chercheurs seront découragés, la recherche se déplacera hors de l’Europe, l’Union européenne autorise la recherche sur les cellules souches embryonnaires mais interdit leur commercialisation, etc.

C’est l’inverse. Les limitations drastiques imposées par la Cour de justice européenne auront un effet positif ; non seulement elles sont humanistes, mais elles orientent la recherche vers de nouveaux horizons, des voies performantes et novatrices : développer encore mieux la recherche sur des cellules souches pluripotentes, que l’on trouve ailleurs qu’en détruisant des embryons.

L’éthique et le droit n’ont pas pour but de « moraliser » les gens, mais de promouvoir la recherche dans des voies respectueuses de l’humanité.

© Nouvelliste 20.2.12

Commentaires (1)

500 caractères restants

Cancel or

  • E. Catzeflis
    Merci beaucoup pour tous ces éclairages, F-Xavier; ainsi que les indications sur la maladroite initiative du 9 février. Elles me permettent de résoudre un cas de conscience, en votant "non", tout en recherchant à sauvegarder et protéger la vie du foetus dans notre société.