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Un article publié récemment dans le « Journal of Medical Ethics » suscite la polémique en Angleterre et Italie. Deux chercheurs des Universités de Melbourne et de Milan, dont le nom mérite au mieux qu’on les oublie, prônent rien moins que l’infanticide des enfants gravement handicapés. Leur raisonnement est simple, voire simpliste : puisque l’avortement des fœtus est une pratique largement admise dans nos sociétés, la logique implique qu’on franchisse le seuil de la naissance, pour qu’il soit désormais permis de tuer des nouveau-nés gravement handicapés « dont la vie ne vaut pas la peine d’être vécue », comme cela se fait déjà en Hollande !

Font-ils autre chose ces gens que tirer les conséquences d’une logique utilitariste déjà présente aujourd’hui dans certaines pratiques ? D’un autre côté, en soulignant que le statut du fœtus juste avant la naissance et celui du nourrisson sont identiques, on pourrait tout aussi bien en tirer la conclusion inverse, à savoir que le droit de vie du nourrisson doit être étendu à l’enfant à naître.

Quoi qu’il en soit, de telles idées sont déjà vieillies, élaborées dans les années 1980 par des utilitaristes anglo-saxons : pour eux, un être humain n’est une personne jouissant du droit de vie que lorsqu’il est doté de conscience de soi, donc un an environ après sa naissance. Conséquence retenue dans l’article : un nouveau-né n’est pas une personne.

On imagine bien que des théories aussi fumeuses que dangereuses ne résisteront pas devant la pratique médicale ni la puissance de l’amour parental.

C’est pourquoi, en fin de compte, le seul intérêt de cet article réside dans son titre : « Avortement post-natal ». L’expression est évidemment contradictoire : l’avortement qui signifie « empêchement de la naissance » (ab-ortus) est, vous en conviendrez, difficile après la naissance !

Alors pourquoi ce vocable ? Par pure propagande ; on utilise un terme désignant une pratique agréée, et on table sur ce mot usuel que l’on affuble d’un adjectif nouveau. Les esprits sont aussitôt rendus plus malléables, mis sur les rails de ce qu’on leur veut imposer. On dira pareillement « clonage thérapeutique », « euthanasie active indirecte » pour conjurer la chose et entraîner les mentalités à accepter peu à peu le clonage ou l’euthanasie. Ici l’avortement devenu post-natal rend le meurtre des enfants moins choquant !

Considérez les autres termes que les chercheurs avaient à disposition, et vous comprendrez : Infanticide ? Le mot fait frémir autant que la chose ; et pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit. Euthanasie ? On y entend seul le soulagement des souffrances. Eugénisme ? Et voilà des relents de nazisme.

Le seul intérêt de cet article réside donc dans le choix du titre : il fait voir au grand jour comment on tente de manipuler les esprits. Mais à l’inverse aussi, combien les mots justes s’avèrent précieux pour penser un peu vrai.

© Nouvelliste 2.4.12

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