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Une commission du Conseil national veut assouplir la loi suisse sur la procréation médicalement assistée en levant l’interdiction du don d’ovocytes. Elle donne suite à l’initiative de J. Neyrinck dont voici la teneur : il n’y pas de raison biologique ou éthique de faire une distinction entre les gamètes ; puisque le don de spermatozoïdes est autorisé, il doit en être de même pour les ovules. L’argument, vous en conviendrez, est impeccable.

Sauf qu’il conclut aussi exactement à l’inverse : la conclusion peut légitimement être celle-ci : puisque le don d’ovules est prohibé, il doit en être de même pour le sperme.

Cette dernière option, à laquelle on ne pense jamais, serait d’ailleurs bien plus judicieuse aux yeux de ceux qui souhaitent promouvoir le sens du mariage et préserver l’unité du couple. Ouvrir la procréation à une tierce personne, donneuse ou donneur de gamètes extérieur au couple, induit en effet une grave dissociation entre les époux, dissociation qui blesse la finalité de la famille. Un tel éclatement de la parentalité dissocie volontairement les parents génétiques et les parents sociaux : un enfant pourra donc naître de deux mamans, l’une biologique et l’autre sociale ? Il faut avoir l’esprit bizarrement façonné pour faire passer cet éclatement pour un progrès.

De surcroît, il deviendra impossible d’établir raisonnablement une limite d'âge à la procréation. Aujourd’hui, la ménopause sert d’indicateur normatif, parce que l’on reconnaît intelligemment la signification du corps pour la vie des personnes. Avec le don d’ovules, on lève cette limite naturelle. Mais pour la remplacer par quoi ? Ou bien on ne fixe aucune limite et l’on permet à toute femme, même très âgée, de procréer : et on porte alors atteinte au bien de l’enfant. Ou bien on fixe légalement un plafond, -qui devient arbitraire, disons 43 ans et deux mois-, et on porte alors atteinte à la liberté des femmes. Dans tous les cas, tout le monde est perdant.

S’engager sur cette voie, c’est s’engager comme des fous sur une pente glissante qui conduit inexorablement à la maternité de substitution, puis à toutes les dérives que l’on peut observer dans les pays voisins, dont la plupart des législations sont peu regardantes sur les principes. Voilà nos politiciens, la bouche en cœur, qui déclenchent hélas un puissant processus de déshumanisation.

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