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L’entrée en vigueur du régime des délais en matière d’avortement induit des problèmes majeurs: parmi ceux-ci, celui de la pente glissante n’est pas le moindre. On s’appuie sur la dépénalisation de l’avortement pour justifier ensuite la sélection eugénique des embryons: puisque le Diagnostic prénatal est aujourd’hui autorisé qui conduit à la mort du fœtus, certains prétendent, à tort, qu’il faudrait autoriser le Diagnostic préimplantatoire, moins invasif et effectué à un stade plus précoce du développement embryonnaire.

Si l’on s’oppose à l’avortement, comme je crois qu’il faille le faire, si l’on s’oppose à la loi actuellement en vigueur en Suisse, alors il faut le dire clairement. Or l’initiative sur laquelle le peuple suisse est appelé à se prononcer le 9 février prochain adopte un chemin détourné qui manque singulièrement de loyauté: on s’en prend au coût des avortements et à sa prise en charge par l’assurance-maladie. Bref, on ne sait plus quel est l’objet du débat: l’avortement ou son financement? En réalité, on s’en prend au premier par le biais du second. Mais une telle manœuvre est bien maladroite, et l’intention des initiants est ambiguë: sous couvert d’économies, ils tentent de relancer le débat sur l’avortement.

Bien plus, cette initiative s’en prend aux personnes elles-mêmes, au lieu de les aider, et de combattre les lois mauvaises: si l’on voulait véritablement diminuer l’incidence des interruptions volontaires de grossesse sur la population, notamment la population sociologiquement la plus exposée, il vaudrait mieux agir en amont, par prévention ou accompagnement compatissant des personnes en situation d’ambivalence. Au lieu de cela, on choisit la voie de la pression financière qui est certainement l’une des plus mauvaises solutions. D’autant que l’impact réel de cette mesure sur la diminution souhaitées des avortements est illusoire.

Parce qu’il faut lutter franchement contre l’interruption volontaire de grossesse, parce que le code pénal actuel mérite d’être révisé, la présente initiative, qui sera balayée par le peuple suisse, renverra les véritables débats aux calendes grecques. Ceux qui se battent pour la vie n’ont pas à s’en réjouir: comme auto-goal, on fait difficilement mieux.

(Troisième partie de l'analyse consacrée à l'initiative "financer l'avortement est une affaire privée".)

voir: http://www.pensees.ch/index.php/la-bioethique/debut/avortement-une-initiative-contradictoire

http://www.pensees.ch/index.php/la-bioethique/debut/avortement-une-initiative-irreflechie

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