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Comment relier entre eux les événements qui se sont égrenés tout au long de l’année ? Grands ou petits, ils semblent tous converger vers le paradoxe suivant : au moment de sa réussite la plus triomphante, l’Occident paraît se vider de son identité. D’un côté, son modèle s’exporte partout : la technologie occidentale est devenue celle du monde entier et son économie semble la seule efficace. D’un autre côté, chacun ressent confusément une sorte de lassitude, comme une vieillesse qui use un peu. L’expansion est irrésistible, mais les valeurs culturelles qui font l’Europe s’effilochent. Tout se passe comme si, ayant atteint son accomplissement, l’Occident ne croyait plus aux grands projets : « Il reste remuant, mais cette agitation n’est plus que celle des intérêts privés », comme le disait Hegel.

Le signe le plus manifeste en est la situation démographique. Chacun de nous doit travailler plus longtemps, parce que de moins en moins de jeunes cotisent pour des personnes âgées toujours plus nombreuses ; « l’espérance de vie » s’accroît d’année en année, et nous manquons d’enfants. Le paradoxe est déroutant : la dénatalité s’installe, alors que nous jouissons du bien-être comme jamais dans l’histoire de l’humanité.

Une politique familiale destinée à encourager les familles ne suffira donc pas ; en plus des soutiens économiques et des aménagements sociaux, il nous faut retrouver confiance en l’avenir. Nous ne manquons ni d’argent, ni de projets audacieux, et les engagements sont magnifiques, mais nous manquons d’espérance.

L’espérance est bien plus que l’espoir de réussir un projet : elle vise des objectifs qui dépassent l’intérêt privé. L’espérance n’est donc pas individualiste, puisqu’elle engage l’ensemble de la culture. « L’homme cultivé, selon Hegel, sait imposer à chacune de ses actions le sceau de l’universalité. » Seule cette force puissante donne l’élan pour agir de telle manière qu’une entreprise concrète dépasse l’intérêt particulier. L’espérance seule donne aux familles de parier sur l’avenir, avec leurs enfants.

Le signe de cette espérance inébranlable est donné à Noël : imagine-t-on un instant que cet enfant-là soit né pour la seule satisfaction de ses parents ? Arraché dès sa naissance à l’intérêt privé, il est la réalisation concrète de l’espérance : ce que nous attendons se réalise déjà. Noël comporte donc un sens profane de premier ordre ; et c’est pourquoi elle restera la plus universelle des fêtes que l’on connaisse.

© Nouvelliste 24.12.07

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