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Quel est le cœur de la crise actuelle ? Avant d’être économique, politique ou morale, celle-ci se définit comme une crise de la raison. Cela fait plusieurs décennies que la raison humaine a pris le parti de se replier sur une seule de ses régions : la science. Dans ce domaine-là, elle fait merveille depuis la révolution industrielle et technologique : un téléphone portable n’est-il pas un bijou de rationalité ?

Cependant, en se recroquevillant sur ce secteur comme si lui seul comptait, la raison a hélas déserté les autres champs qui sont les siens : ceux de l’éthique, ceux du sens et de la religion. En un mot : nous pouvons changer d’ipad chaque année, alors même que nous ne savons pas pourquoi nous le faisons ! En négligeant ainsi la question du sens, la raison a livré ce domaine aux forces irrationnelles les plus obscures : celles du sentiment et de l’impression subjective.

Un tel vide fait le nid des pathologies les plus inquiétantes ou des fadaises les plus insignifiantes. Les journalistes s’en sont donnés à cœur joie autour de cette sottise de fin du monde, à laquelle personne ne croyait ; il n’en demeure pas moins que, déserté par le bon sens, le terreau est devenu favorable à ce genre d’élucubrations : entrez dans une librairie et considérez le nombre de titres qui se vendent en ésotérisme, spiritisme, ressourcement du Soi ou autres retrouvailles énergétiques et telluriques : de la pure superstition qui relève d’un âge obscurantiste. Dès que la raison et la foi disparaissent, la crédulité maladive occupe la place vacante.

L’origine de cette crise tient à une certaine outrance qui voulait rendre l’homme « comme maître et possesseur de la nature ». Pour ce faire, il fallait d’abord faire disparaître le monde résistant et le modeler sur ce nous savons de lui, afin de le rendre manipulable à merci. Dès lors, la nature a disparu, réduite à la conception que nous nous en faisons : le scientisme a signé la fin du monde.

Or il advient aujourd’hui, au cœur de la crise, quelque chose de nouveau et porteur d’espoir : le monde réel pointe à nouveau le bout de son nez. Nous apprenons, à nos dépens, que nous ne pouvons pas faire ce que nous voulons avec la nature, laquelle résiste et ne se laisse pas manipuler à notre guise : la couche d’ozone se rappelle à notre souvenir, le réchauffement climatique menace l’espèce humaine et la malbouffe nous inquiète.

Il est temps aujourd’hui de retrouver un monde nouveau : celui de la nature environnante, afin de la respecter, mais surtout celui de la nature humaine : la dignité des enfants à naître, celles des innombrables populations vivant dans la misère, celle des personnes malades ou âgées, mais aussi une économie plus saine, la naturelle différenciation des sexes et le besoin humain de transcendance.

Si la fin du monde est derrière nous, elle appelle à une forme renouvelée d’écologie humaine. Puisse ce monde-là inviter à un renouveau dès 2013.

© Nouvelliste 7.1.13

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