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La tendance est à une augmentation des cérémonies dans l’intimité. Il n’y a pas à s’en réjouir.

Les mille excuses qu’on inventera sont en effet illusoires. Economiques : le repas de funérailles coûte cher ? Un verre partagé dans la salle paroissiale suffira. Sociologiques : la mentalité est à un individualisme croissant ? Raison de plus pour la rectifier par une véritable solidarité à l’endroit des familles endeuillées. Relationnelles : et ces hypocrites se rendant à l’enterrement par conformisme ? Devant la mort et le sacré, les haines peuvent cesser, occasion idoine de pardonner ou de faire taire les mesquineries ; et puis, que savez-vous de ce qui se passe dans le cœur de cet homme, adversaire invétéré du défunt, qui se tient en retrait dans la foule au fond de l’église ? Le pardon et la conversion sont-ils de vains mots ? Libertaires : et si le défunt a fait connaître sa volonté pour une cérémonie intime ? Les directives anticipées n’ont pas valeur absolue et, dans certains cas, il est du devoir des proches de ne pas les respecter : la famille aussi a des droits, dont celui d’être entourée dans son deuil. Evénementielles : si le défunt s’est suicidé ? Raison de plus pour resserrer les liens d’amour et d’amitié avec les parents. Religieuses : la pratique religieuse est en baisse ? Qu’on invente alors d’autres formes rituelles où réunir la communauté.

Observez au passage la sobre liturgie catholique, splendide de vérité et de beauté. Gestes de respect à l’endroit du corps appelé à la résurrection (rien moins que ça !), odeurs d’encens, paroles et lumières se croisent pour dire l’intégralité de l’homme. Considérez ce prêtre qui, encens à la main, se prosterne humblement aux pieds du défunt : ne percevez-vous pas l’Eglise entière, les morts et les vivants ensemble, qui accueille le mystère de chaque personne humaine ?

Et l’on voudrait renoncer à ces rites-là ? Tomber dans l’angélisme au mépris des humbles signes ? Quelle folie ! Car l’être humain est un animal social : sa relation aux autres, famille et société, est inhérente à sa condition. C’est avec les autres que nous vivons et que nous mourons. Aussi avons-nous besoin, aux moments forts de notre existence, de ces rites qui soient partagés en communauté.

Une cérémonie dans l’intimité va à l’encontre de la nature humaine : notre temps d’écologie comprend assez qu’on ne peut impunément refuser l’objective exigence de notre nature sans induire de graves dégâts, et cela avec les meilleures intentions du monde. Tôt ou tard la pratique délétère des ensevelissements dans l’intimité se retournera contre les hommes et les femmes de notre temps, qui en mesureront, mais un peu tard, les conséquences psychologiques et sociologiques.

Alors qu’on invente, s’il le faut, des rites nouveaux, adaptés à notre époque, mais puisse le Valais connaître longtemps encore ses églises bondées de croyants et non-croyants, quand tout le village se réunit pour les moments décisifs de notre commune humanité !

© Nouvelliste 18.2.13

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