• An Image Slideshow
  • An Image Slideshow
  • An Image Slideshow
  • An Image Slideshow
  • An Image Slideshow

L’initiative « Halte à la surpopulation » est inadmissible : elle présente une caricature de cet intégrisme écologiste qui adopte des mesures coercitives contre l’homme, sous couvert de préserver l’écosystème. Il est frappant cependant que cette campagne n’aborde pas le fond du problème, et se contente, Conseil fédéral compris, de dénigrer les initiateurs. Bien plus, on cible une hypothétique xénophobie, alors que l’objectif n’est pas celui-ci. Il est plus grave.

Le principe directeur des initiateurs est éloquent : « Les préoccupations principales d’Ecopop sont la conservation des ressources naturelles et de la nature. » Pas un mot sur ce qui devrait être l’objet premier de toute défense de la nature : respecter d’abord l’homme, et ensuite l’environnement parce que celui-ci doit rester au juste service des humains. A rebours du bon sens et contre tout humanisme, le projet renverse les priorités : il se contente de « considérer le nombre d’habitants comme facteur déterminant » sur la pollution. Sous couvert d’une utilitariste « qualité de vie » pour nantis, il voudrait limiter drastiquement la population suisse et mondiale, dans le but de ménager la nature : avilir la dignité humaine au profit d’une vaporeuse empreinte de carbone que chacun laisse traîner derrière soi. Quelle folie !

Ce néo-malthusianisme jure que nous sommes trop nombreux pour notre petite planète, jusqu’à prétendre avec certains que « la disparition complète de l’espèce humaine ne serait pas une catastrophe morale, mais plutôt un événement que le reste de la communauté applaudirait des deux mains », négligeant au passage que la main est propre à l’homme. Bref, pourquoi ne pas suivre l’avis de cet écologiste français et pénaliser les couples en attente d’un troisième enfant, au motif que ce dernier équivaut à 1240 trajets en avion Genève-New York ?

Certes l’initiative ne va pas si loin, mais elle se rattache à ces mêmes principes délétères. N’ayant heureusement aucune pertinence hors de Suisse, elle se contente « d’encourager d’autres pays » à atteindre son objectif avoué : que la population « ne dépasse pas un niveau qui soit compatible avec la préservation durable des ressources naturelles », c'est-à-dire qu’on affecte 10% des montants de la coopération internationale à inciter « la planification familiale volontaire ».

Et pour la Suisse ? Limiter l’accroissement de la population résidente en bloquant le solde migratoire à 0,2% par an : en clair, seul le personnel qualifié sera bienvenu. C’est ce qui pourra séduire certains. Mais l'initiative est contradictoire: on désespère les couples à avoir des enfants, créant un nouvel appel à une main d’œuvre étrangère et jeune qu’on veut en même temps diminuer !

Face à de réels défis environnementaux, et sans nier le problème de la surpopulation à venir, l’initiative fait fausse route en raison d’une perversion de ses principes directeurs.

Commentaires (0)

500 caractères restants

Cancel or