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Il ne se passe pas une semaine sans que de tatillons responsables imposent des mesures de contrôle ou des interdits qui, au lieu de seulement sanctionner les abus, pénalisent inutilement la vie quotidienne de chacun. On n’épiloguera pas sur le panneau d’interdiction aux randonneurs qu’on hésite à poser au départ du Col du Grand-St-Bernard. Alors que l’Hospice a survécu durant des siècles aux dangers de la montagne, qu’il a su renouveler sa vocation à l’époque de la construction du tunnel qui aurait pu signer sa fin, ce serait un comble qu’un principe de précaution mal entendu rende l’Etat du Valais responsable de son déclin !

Car à force de vouloir tout contrôler, on en vient à édicter des réglementations pour quelques exceptions et à se couvrir face aux dangers pourtant inévitables. Le bon sens rappelle au contraire que les lois sont faites pour la majorité des cas, et que les exceptions confirment cette règle, mais ne la modifient pas. Or voici qu’au nom du droit et d’un moralisme de bibliothèque rose, on démantèle la véritable éthique constituée par le discernement ou « jugement prudentiel » : on entend par là ce bon pli formant l’intelligence pratique durant des années d’expérience, pour inviter au courage face à l’adversité et à la modération face au plaisirs. Voilà la véritable éthique, qui donne de délibérer pour décider en conscience de ce qu’il convient d’entreprendre : ni trop, ni trop peu, en tenant compte du bien et du mal, mais aussi des circonstances les plus variées. Finalement, cela rejoint le sens commun, qui assure l’essentiel de la vie.

Mais en lieu et place de la responsabilisation, on donne de plus en plus dans le juridisme stérile ou la bien-pensance niaise. A témoin ce livre de cuisine que chaque élève du CO, et chaque parent, connaît bien : le « Croqu’menus ». Or dans sa nouvelle édition, les éditeurs compassionnés n’ont rien trouvé de mieux que de supprimer toute recette qui ferait usage d’alcool ! Sous prétexte de prévention ! Et la recette de la fondue ? Avec du cidre, s’il-vous-plaît ! Ici, dans un ouvrage scolaire, l’éducation disparaît au profit d’une moralisation frisant la sottise. Fort heureusement, les responsables d’économie familiale sauront corriger cet écart avec leurs élèves, continuer à leur apprendre de bonnes recettes, et leur faire comprendre au passage que l’éthique n’a rien à voir avec cette pseudo-morale d’éditeurs adultes qui manquent du plus élémentaire bon sens.

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