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Les drames de Marie et Adeline, assassinées par des malades pervers, ont poussé certains politiques à réclamer un peu rapidement la levée obligatoire du secret médical en prison : à leurs yeux, il faudrait contraindre les médecins psychiatres à communiquer toute information ou révélation utile récoltée au cours du traitement.

Bien sûr il est prioritaire et légitime d’assurer la protection des membres de la société, mais une telle focalisation sur les médecins manque de réflexion.

1. D’abord le régime actuel permet déjà la levée du secret professionnel au cas où un médecin jugerait que son patient mettrait en danger de potentielles victimes : les deux affaires récentes n’ont d’ailleurs rien à voir avec un tel secret, mais concernent plutôt l’organisation pénitentiaire.

2. Imposer la levée de la confidentialité produit l’inverse de ce qu’on souhaite, en augmentant le risque. Un patient en effet se retiendra bien de divulguer la moindre information à son médecin, dès lors qu’il sait que son secret sera trahi. Il est donc certain que plusieurs informations décisives resteront celées.

3. Tous les médecins témoignent qu’une telle obligation détruit la relation de confiance avec  le patient au point que le traitement en sera ralenti ou péjoré : c’est l’inverse de ce que l’on cherche.

4. Si on exige la levée d’un tel secret professionnel, les médecins ne seront-ils pas enclins à ne prendre aucun risque et à transmettre la moindre information, au point que personne ne pourra plus juger de ce qui importe ? C’est le système mis en place qui s’autodétruit.

5. Pourquoi se focaliser sur les médecins en milieu pénitentiaire ? La logique conduit à élargir la mesure aux avocats et aux aumôniers ; sans oublier tous les autres médecins, puisqu’il est des malades dangereux en dehors des prisons.

Puissent les cantons qui examinent cette question éviter de surfer sur la vague émotionnelle : qu’ils se concentrent plutôt sur les mesures à prendre pour éviter les dysfonctionnements internes du milieu pénitentiaire. Cela leur évitera d’être la risée de la Suisse, et surtout de stigmatiser les psychiatres, déjà trop peu nombreux, qui seront définitivement retenus de travailler dans les prisons.

 

Sur cette question, la Commission nationale d’éthique s’est prononcée à l’unanimité contre de telles mesures :

http://www.nek-cne.ch/fileadmin/nek-cne-dateien/Themen/Stellungnahmen/fr/F_Broschure_CNE-NEK_Secret_medical_en_prison.pdf

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